Le palais du Potala

Le palais du Potala (en tibétain, en mandarin 布达拉宫 bùdálā gōng[1]), est un palais-forteresse ou dzong du XVIIe siècle, situé à Lhassa, sur la colline de Marpari (« la colline rouge »), au centre de la vallée de Lhassa. Comprenant un « palais blanc » et un « palais rouge »[2], ainsi que leurs bâtiments annexes, l’édifice incarne l’union du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel et leur rôle respectif dans l’administration du Tibet. Construit par le 5e dalaï-lama, Lobsang Gyatso (16171682), le palais fut notamment le lieu de résidence principal des dalaï-lamas successifs, jusqu’à la fuite du 14e dalaï-lama en Inde après le soulèvement tibétain de 1959. Aujourd’hui, le 14e dalaï-lama réside à Dharamsala dans le nord de l’Inde et le palais est devenu un musée de la République populaire de Chine. Il bénéficie d’une protection au titre du patrimoine national d’État chinois depuis 1961 et il est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, cet édifice de treize étages comptait parmi les plus hauts du monde.

Le palais du Potala devint le palais d’hiver des dalaï-lamas après la construction, au XVIIIe siècle, par le 7e dalaï-lama, Kelzang Gyatso, du Norbulingka, le palais d’été, un chef d’œuvre architectural. Kelzang Gyatso constitua le « Kashag » ou conseil des ministres pour administrer le gouvernement tibétain, dont les bureaux étaient dans le palais du Potala. Il fonda en outre l’école de Tse, située au sommet du palais, pour former les cadres du gouvernement du Tibet. Les diplômés de cette école qui désiraient travailler dans la fonction publique devaient subir un enseignement plus poussé dans une école religieuse. Les fonctionnaires laïcs étaient principalement formés à l’école de Tse.

C’est au palais du Potala que fut signé, le 7 septembre 1904, le traité de Lhassa entre les Britanniques et le gouvernement tibétain[5].

En 1951, en prévision du départ du dalaï-lama pour Yatoung, des caisses pleines d’or et d’objets précieux provenant du palais avaient été emportées par des trains de mules et de très nombreux porteurs vers le Sikkim[6],[7].

Le Potala renfermait une prison. Warren W. Smith Jr écrit que cette prison avait des airs d’oubliettes mais qu’elle était de dimensions assez réduites, ne pouvant contenir que quelques personnes au plus[8]. Theos Bernard, un Américain qui visita le Potala en 1939, écrit que la prison faisait penser à une fosse servant à piéger un lion mangeur d’hommes et qu’elle était remplie de pauvres hères, tout desséchés, trottinant malgré leurs membres entravés[9].

 

Le temple ou monastère du Jokhang, aussi appelé Tsuklakang, est le premier temple bouddhiste construit au Tibet. Cœur spirituel de Lhassa et lieu de pèlerinage depuis des siècles, il en est aussi un des hauts-lieux touristiques avec le palais du Potala et le parc du Norbulingka. Depuis 2000, il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre de l’« ensemble historique du palais du Potala ».

Le temple du Jokhang, le tout premier temple bouddhiste du Tibet, est édifié par le roi tibétain Songtsen Gampo au début de l’année 639 pour fêter son mariage avec la princesse Tang chinoise Wencheng, une bouddhiste. Le temple fut, avec le Ramoché, l’un des premiers temples construits à Lhassa au VIIe siècle ; il est l’un des plus vénérés de tout le Tibet car il abrite une statue du Jowo, représentant le jeune Bouddha, qui aurait été sculptée de son vivant.

En 823, est érigée devant la porte principale du temple une stèle connue sous le nom de « Tablette de pierre de l’unité du long terme » et dont il existerait deux autres exemplaires, l’un à Cha’ang an à la porte de l’empereur, et l’autre à la frontière tibéto-chinoise[1]. Y sont inscrits les termes du traité de paix sino-tibétain de 822 par lequel les deux souverains du Tibet et de la Chine sont convenus d’unir leurs royaumes ; il est précisé notamment : « Le Tibet et la Chine garderont les frontières qu’ils possèdent actuellement. Tout à l’est est le pays de la grande Chine, tout à l’ouest est le pays du grand Tibet. Désormais, de part et d’autre, il n’y aura ni hostilité, ni guerre, ni prise de territoire. »[2],[3],[4].

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